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Le café

  • Angélina
  • 16 mars 2021
  • 3 min de lecture

" - Un expresso. Avec du sucre, oui s'il vous plaît. Merci beaucoup ! "

Je ne suis pas assez amatrice pour le boire sans. Ni pour faire un canard d'ailleurs.

Mais j'essaie de diminuer. Un morceau hier. Un demi aujourd'hui.

Parfois, j'en bois (du café, pas du sucre). Un. Deux. Trois par jour. Pas plus. À des moments assez précis de la journée. De la matinée surtout. Comme pour m'encourager à fournir un effort ou me féliciter au contraire. Pour célébrer un joli résultat ou une belle rencontre.

Et parfois moins. Voire pas du tout. Cela peut même aller jusqu'à l'écœurement. Au haut-le-cœur. Rien qu'à l'odeur. Et encore pire enceinte (certaines se reconnaîtront peut-être). Oui, les fameuses odeurs...

Pourtant, elle est souvent agréable. Accompagnée de celui du pain grillé, c'est un matin qui sent bon. Conjuguée au passé, sur les trottoirs urbains, c'était la vie qui fourmillait, qui s'éveillait. C'était Paris. Les brasseries. Les journaux et les croissants dans les panières.

Mais au fond, je crois que je préfère le thé. Plus léger. Plus lent. Plus varié et poétique.


Mais voilà. Prendre un café, c'est répondre à des codes sociaux. À une norme. Cocher des cases. Déjà que je ne fume pas (ni ne bois pas ou enfin très/trop peu)... il faut bien faire un effort. Et prendre tu thé c'est s'afficher comme marginale. Pour peu qu'en plus, la machine ne propose que du thé citron ou du Earl Grey, là tout est perdu d'avance. Les efforts pour s'intégrer, pour se fondre dans la masse sont anéantis. Tu ne peux pas dire, " désolée je n'aime pas le citron ni celui-là ".

Alors, à force tu t'y habitues. C'est comme tout. Et puis, c'est petit un café. Tout petit. C'est vite bu. Et surtout ça engage la discussion. Cela crée du lien.


" - On fait une pause café ? ".

Si tu n'as rien à fumer ou rien à boire, comment la justifier ? "Je n'ai pas envie de travailler" passerait mal. Alors tu bois.

Et puis c'est convivial. Tu mets ta pièce dans la machine... enfin ta dosette dans ta Nespresso (si tu as de la chance sinon ce sera la Senseo). Merci Georges...


" - Avec du sucre oui merci ".

Tu touilles.

Tu parles de la pluie et du beau temps. Tu racontes ton week-end.

Tu souffles parce que c'est un peu chaud. Un collègue avait dit que boire des liquides dépassant les 60° pouvait donner le cancer. Oui c'est vrai, c'est dit ici aussi... Alors c'est que ça doit être vrai. Paroles de collègue et d'internet...

Manque de chance, toi tu l'aimes très chaud le café. Comme le thé. Comme le plat que tu te prépares un soir d'hiver. Et comme ta douche. Oui, en sortir écrevisse, c'est mal. Recancer. (Aïe, décidément... de toute façon il faut bien mourir de quelque chose.) Et puis ça fait du bien. Comme le café. Chaud.


Tu râles aussi bien sûr un peu. Comme tout le monde. Tu réponds "Non, vas-y raconte" au "Tu sais pas quoi ?!!!".

Tu sirotes ton café. Doucement, en protestant " Oh, j'ai du travail, il faudrait que je m'y mette ".

Et puis tu fais écouter à ta collègue une chanson. Sur le café. Comme pour justifier cette pause. " Le café " d'Odelaf interprété par ce petit môme (oui c'est un pléonasme, je sais) mais ce tout petit, habité par sa chanson, envahi par tant d'énergie (sans doute celle du café d'ailleurs), c'était vraiment juste. C'était vraiment ça. Alors, il n'est pas rare de nous entendre nous énerver gentiment... à propos d'un café.


Mais dis, tu n'en prendrais pas un deuxième toi 😉?


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