" T'façon t'as pas d'humour "
- Angélina
- 15 mars 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 mars 2021

Bonne nuit Blanche (disponible sur N......) , hier, m'a fait penser à ça. Sur ce qui fait rire et surtout la façon de le faire. De quoi l'on se sert, sur quoi l'on s'appuie pour amuser, faire sourire, rire tout en délivrant un message. Ce subtil décalage entre un air sérieux, des propos quasi-philosophiques et la réalité crue, parfois (souvent) déconcertante. Ce savant mélange entre raconter une histoire, des faits de société tout en critiquant. Cet art du pince sans rire et de l'autodérision ici. Et qui m'a plu (dans l'ensemble). Mais peut-être pas à tous.
" T'façon t'as pas d'humour " ou l'art de rire. Ou pas.

Qu'il s'agisse de la sœur qui rétorque cette phrase à son frère ou ce que l'on s'entend(ait) dire parfois, je crois que c'est faux. Non, je crois que la question n'est pas là.
Ce n'est pas parce que l'on ne rit pas à gorge déployée à cette plaisanterie-là, que l'on n'a pas d'humour.
Ce n'est pas parce que cet humour-là ne nous touche pas, que l'on n'en a pas.
C'est peut-être parce que ce n'était pas le bon moment ni le bon sujet et que cette blague-là cachait peut-être autre chose en réalité. Qui ne nous faisait pas rire.
Ou que l'on a une sensibilité différente.
Et que l'on peut aussi faire rire (ou sourire) différemment. Certains diront "tu m'fais rire", d'autres " c'est une blague, oui ? ". Cela interroge sur ce qui fait que l'on adhère ou pas à l'autre.
" Quand j'ai envie de rire/ Oui je ris aux éclats "*
On peut rire de beaucoup de choses (et peut-être pas de tout mais c'est un autre sujet).
Certains riront instantanément d'une chute, d'une blague très premier degré. D'autres réagiront aux jeux de mots, aux mots d'esprit, au second degré.
Pour certains, l'humour est grossier (voire vulgaire). Et souvent au-dessous de la ceinture.
Pour d'autres, il est une arme. De défense. D'attaque. De rébellion. De critique personnelle ou sociale. Parfois bien manié et affuté. Parfois pas et ils (s'y) taillent.
Pour les derniers, il est un moyen de créer une cohésion, une complicité voire même une connivence et de s'échapper du réel sans arrière-pensée.
Et parfois, c'est un peu tout à la fois.
Et chacun réagit à sa manière. En acquiesçant, en souriant, en riant, en riant aux éclats, en se pliant en quatre, en essuyant ses larmes...
Une chose est sûre, lorsqu'on touche correctement sa " cible ", c'est comme un lâcher-prise. Comme quelque chose d'incontrôlable qui nous atteint. "Du mécanique plaqué sur du vivant" dira Bergson. En tout cas qui fait du bien.
Et toi, qu'est-ce qui te fait rire ?
* Prévert, " Je suis comme je suis ", dans Paroles, 1946




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